Le principe
L’auditabilité ne se réduit pas à la conservation d’un historique. Elle exige qu’un dirigeant puisse, à n’importe quel moment, ouvrir un fichier et reconstituer pourquoi le système a classé un dossier en NO-GO, attribué tel score, choisi telle formulation. Cette exigence dicte le format autant que le contenu.
Pas de boîte noire. Pas de résultat sans raison reconstituable.
Pourquoi Markdown et git
Trois choix, sur trois dimensions distinctes : le format, le versionnement, la lisibilité.
Le format : Markdown plutôt qu’une base de données binaire. Un fichier Markdown se lit avec n’importe quel éditeur, n’importe quel navigateur, n’importe quelle décennie. Une base dans le format propriétaire d’un outil de 2026 n’aura peut-être plus de lecteur en 2036.
Le versionnement : Git plutôt qu’un système de versions intégré à l’outil. Git est un format ouvert, omniprésent, qui survivra à votre fournisseur. Un système de versions intégré à un outil propriétaire disparaît avec lui.
La lisibilité : pour un humain plutôt que pour un programme. L’auditabilité n’est utile que si elle est lisible sans outil spécialisé. Un journal qu’un dirigeant peut ouvrir et lire est vraiment auditable. Un journal qu’il faut interroger via une API ne l’est qu’en théorie.
Ce qui est tracé
Pour chaque dossier traité par le système :
- Les décisions automatiques : score de pertinence, classification GO/NO-GO préparatoire, choix de modèle par tâche, alertes éventuelles.
- Les décisions humaines : qui a validé quoi à quelle porte, quelle motivation a été consignée.
- Les sorties produites : versions successives des livrables, avec horodatage et auteur.
- Les contextes mobilisés : références internes utilisées, passages du Wiki métier mobilisés, sources externes consultées.
Ce journal est consultable à tout moment, exportable en PDF si un audit externe le demande, et il survit à un changement de système.
Conséquence pratique pour les dirigeants
Quand un comptable signe une écriture, il peut retrouver pourquoi le système l’a imputée ainsi. Quand un avocat transmet une consultation, il retrouve quel précédent a été retenu. Quand un dirigeant de BET arbitre un GO/NO-GO, il vérifie sur quelle base le système a proposé son score.
C’est ce qui distingue une augmentation d’une délégation : un professionnel reste responsable de ce qu’il signe parce qu’il peut, à tout moment, reconstituer la chaîne de raisons qui l’a amené à signer cela.